Maison de plain-pied à toit plat et bardage noir mat, longue fenêtre bandeau et baies coulissantes, posée sur une pelouse bordée d'arbres
Publié : 6 septembre 2026
Mis à jour : 6 septembre 2026
16 min de lecture
Conception et performance

Maison passive : les principes et ce qu'ils imposent au dessin

Une maison passive est un bâtiment dont les besoins de chauffage sont assez faibles pour qu'une installation de chauffage classique n'ait plus lieu d'être. Le standard qui porte ce nom a été formalisé en Allemagne à la fin des années 1980, mis à l'épreuve sur une première opération en 1991, puis diffusé en France à partir du milieu des années 2000. Il est volontaire : aucun texte n'oblige à le viser, et il est plus ancien que la réglementation en vigueur.

Angle d'une maison au bardage de bois grisé, avec une seule grande baie vitrée toute hauteur voilée d'un rideau, dans une pinède au soleil rasant
Un volume simple, une seule grande ouverture, un bardage déjà grisé : trois décisions prises pour des raisons de calcul avant d'être des choix d'image.

Cet article n'est pas un guide de certification. Les critères, la méthode de calcul et les outils de vérification sont publiés par le Passivhaus Institut, et c'est là qu'il faut aller les vérifier ; en France, une association professionnelle accompagne les équipes qui visent le label. Nous en résumons ici ce qu'il faut pour comprendre la suite.

La suite, c'est l'autre moitié du sujet, celle que les fiches techniques ne décrivent jamais : le standard passif dessine. Il pousse vers des volumes compacts, il répartit le vitrage par orientation plutôt que par façade, il épaissit les parois jusqu'à changer le relief des tableaux, il installe les protections solaires comme un élément permanent et il fait sortir des équipements là où personne ne les attendait.

Nous produisons des images de bâtiments qui n'existent pas encore, pour des agences d'architecture et des promoteurs. Vous verrez donc ici ce que le standard exige, ce qu'il change dans la volumétrie, la façade et la toiture, et comment ces arbitrages se montrent à un client, à un voisin ou à un élu qui ne lira jamais un fichier de calcul.

La maison passive en cinq repères

La maison passive en cinq repères

Ce que c'estUn standard de performance volontaire pour les bâtiments neufs et rénovés, formalisé en Allemagne à la fin des années 1980 et porté depuis 1996 par le Passivhaus Institut
Depuis quandPremière opération construite en 1991 à Darmstadt ; les premiers projets français datent du milieu des années 2000
Ce qu'il mesureLe besoin de chauffage, la charge de chauffage, l'étanchéité à l'air, l'énergie primaire tous usages et la fréquence de surchauffe
Ce qui le distingueIl ne s'obtient pas par les équipements : il se joue sur la forme, l'orientation, l'enveloppe et les menuiseries, donc très en amont
Ce que ce n'est pasUne réglementation. Le standard est facultatif, international, antérieur à la RE2020, et il ne porte pas d'exigence carbone
Ce que le standard passif exige

Ce que le standard passif exige

Le principe tient en une phrase : réduire les besoins jusqu'à ce que la chaleur dégagée par les habitants, les appareils et le soleil suffise à couvrir l'essentiel de l'hiver. Tout le reste en découle, y compris ce qui se voit depuis la rue.

Les cinq exigences que vous verrez sur toutes les études

Elles sont peu nombreuses et elles se retiennent. Les connaître suffit à suivre une réunion de conception avec un bureau d'études.

  • Le besoin de chauffage : au plus 15 kWh par mètre carré et par an. Un critère alternatif porte sur la charge de chauffage, plafonnée à 10 W/m², et c'est celui qui exprime le mieux l'idée d'origine : dix watts au mètre carré, c'est ce qu'un réseau de ventilation peut délivrer sans radiateurs.
  • L'étanchéité à l'air : au plus 0,6 volume par heure sous 50 pascals, vérifié par un test sur le chantier. C'est l'exigence la plus dure du lot, et la seule qui dépende presque entièrement de la qualité d'exécution.
  • L'énergie primaire : un plafond sur l'ensemble des usages, chauffage, eau chaude, ventilation, auxiliaires et électricité domestique compris. Les versions récentes du standard la comptent en énergie primaire renouvelable et ouvrent trois classes, Classic, Plus et Premium, les deux dernières demandant une production d'énergie sur le bâtiment.
  • Le confort d'été : la température intérieure ne doit pas dépasser 25 °C plus de 10 % des heures de l'année. C'est cette exigence qui décide de la façade autant que la première.
  • Le traitement des liaisons : les ponts thermiques doivent être ramenés à une valeur négligeable au calcul. C'est une exigence de dessin et de détail, pas une question de matériau.

Un point de vocabulaire qui compte pour la surface commerciale : ces ratios se rapportent à la surface de référence énergétique, qui n'est ni la surface habitable ni la surface de plancher. Le même projet n'affiche pas le même chiffre selon la surface placée au dénominateur, et c'est une source classique de malentendu entre le bureau d'études et le service commercial.

Il existe par ailleurs une déclinaison distincte pour la rénovation de bâtiments existants, dont les seuils sont adaptés à ce qu'un bâti ancien peut atteindre. Le raisonnement de conception reste le même ; les chiffres, non.

Ce n'est pas la RE2020

Les deux sujets se croisent sans se confondre, et les confondre coûte du temps en réunion. La RE2020 est une réglementation française obligatoire pour la construction neuve, avec ses propres indicateurs et une exigence carbone sur le cycle de vie que le standard passif ne porte pas ; le standard passif est un label volontaire, international, antérieur de trente ans, centré sur l'enveloppe et le besoin de chauffage. Un bâtiment conforme à l'une ne l'est pas automatiquement à l'autre, et beaucoup d'équipes visent les deux en parallèle. Si c'est la réglementation qui vous occupe, nous l'avons traitée à part dans RE2020 : ce que la réglementation change pour vos projets.

La compacité devient une contrainte de plan

La compacité devient une contrainte de plan

Le besoin de chauffage se joue d'abord sur le rapport entre la surface qui déperd et le volume qu'elle enferme. C'est arithmétique et cela ne se négocie pas : deux projets de même surface habitable, l'un ramassé, l'autre éclaté en ailes, ne partent pas avec le même handicap.

Ce facteur de forme n'interdit rien. Il rend certaines figures coûteuses : les décrochés multiples, les redents, les volumes en L très étirés, les vérandas greffées sur un pignon, les tourelles d'escalier sorties du volume. Chacun ajoute de la surface déperditive pour la même surface vendue, et cette surface se rattrape ensuite en épaisseur d'isolant, en performance de menuiserie ou en soin de mise en œuvre. Autrement dit, elle se paie deux fois : une fois au calcul, une fois au devis.

Concrètement, la silhouette d'une maison passive est souvent plus simple que celle d'une maison de catalogue équivalente : un volume, parfois deux, une toiture à une ou deux pentes, peu d'accidents, un garage sorti du volume chauffé plutôt qu'accroché dedans. Sur un immeuble, la même logique pousse vers un plan compact, un nombre de cages réduit et des circulations regroupées.

Maison à bardage de bois noirci et toiture à une seule pente, posée sur pilotis dans une plaine enneigée devant une montagne, avec une bande de baies vitrées sur la plus grande partie de la façade
Un seul volume, une seule pente, des ouvertures groupées : la silhouette dit déjà quels arbitrages ont été faits.

Pour un promoteur, la conséquence arrive tôt et ne se rattrape pas. L'implantation sur la parcelle et le découpage des volumes sont arbitrés en phase esquisse, pour des raisons thermiques, et ce sont eux que le service commercial devra défendre trois ans plus tard. Une volumétrie décidée par le calcul n'a pas moins de qualité qu'une autre, mais elle doit être défendue pour ce qu'elle est, pas maquillée en autre chose sur les visuels.

L'orientation se décide avant la façade

L'orientation se décide avant la façade

Le standard compte les apports solaires d'hiver comme une ressource, pas comme un agrément. Une maison qui capte correctement le soleil bas de janvier tient son besoin de chauffage avec une enveloppe raisonnable ; la même maison tournée de quatre-vingt-dix degrés le tient au prix d'un isolant plus épais et de menuiseries plus chères, pour un résultat identique sur le papier et un budget différent.

Cela déplace des décisions qu'on croit libres. L'orientation des pièces de vie, la position de l'entrée, l'emplacement du garage et des locaux non chauffés, le côté où passe la circulation : autant de choix qui deviennent des paramètres de calcul avant d'être des choix d'usage. Sur un lotissement ou une opération groupée, ils remontent encore plus haut, jusqu'au plan de composition et au sens des voiries, c'est-à-dire jusqu'à des pièces déposées bien avant le dossier de permis.

Le corollaire est moins agréable à entendre : un plan type dupliqué à l'identique sur des parcelles orientées différemment ne donne pas le même bâtiment passif. Les façades ne peuvent pas être les mêmes d'une parcelle à l'autre. C'est une difficulté commerciale réelle pour qui vend un catalogue de modèles, et c'est une information que les visuels doivent porter au lieu de la lisser.

Le vitrage cesse d'être un choix de façade

Le vitrage cesse d'être un choix de façade

La grande baie reste possible. Elle cesse simplement d'être neutre. Chaque mètre carré de vitrage est en même temps une déperdition en janvier, un apport en janvier et un risque en juillet, et les trois ne s'équilibrent pas de la même façon selon l'orientation. Le vitrage se répartit donc par point cardinal, et non plus façade par façade selon la composition.

En pratique, la répartition ressemble à ceci : du vitrage généreux au sud, où le bilan d'hiver est positif et où l'été se maîtrise avec une casquette dimensionnée ; du vitrage mesuré à l'est et à l'ouest, où le soleil arrive bas le matin et le soir et où aucun débord horizontal ne l'arrête ; du vitrage réduit au nord, où il n'y a rien à capter et où il ne reste que la déperdition et la vue. Une façade nord de maison passive comporte souvent des ouvertures petites et rares, et cela se voit depuis la rue quand c'est la rue qui est au nord.

Les menuiseries elles-mêmes changent d'aspect. Le triple vitrage impose des dormants plus larges et des ouvrants plus lourds, ce qui limite la dimension d'un vantail unique et ramène des meneaux là où le dessin n'en prévoyait pas. Le verre a une teinte propre et ne réfléchit pas comme un double vitrage. Ce sont des détails, et ce sont exactement les détails qu'un acquéreur compare entre l'image qu'on lui a montrée et la visite de livraison.

Fenêtre à deux vantaux encastrée dans un mur de béton clair, avec un tableau marqué sur tout le pourtour et un panneau de lames de bois coulissant devant le vantail de gauche
Le retrait de la menuiserie et le panneau coulissant sont deux conséquences directes de l'enveloppe.
L'épaisseur des parois change le relief

L'épaisseur des parois change le relief

Pour tenir le besoin de chauffage sous nos climats, une paroi passive se situe couramment entre trente-cinq et cinquante centimètres d'épaisseur totale, selon le mode constructif et l'isolant retenu ; une toiture monte plus haut encore. Ce sont des ordres de grandeur et non une règle, mais ils suffisent à changer le dessin d'une façade.

Trois conséquences se voient à l'œil nu. La première : les tableaux de fenêtre deviennent profonds, et ils projettent une ombre franche qui donne du relief à la façade, y compris par temps couvert. La deuxième : la position de la menuiserie dans l'épaisseur de la paroi devient un choix de composition, parce qu'elle décide de quel côté se trouve le creux ; posée au nu extérieur, dans le plan de l'isolant, elle limite le pont thermique et laisse l'ébrasement à l'intérieur, et la façade paraît alors beaucoup plus lisse qu'avec une menuiserie en fond de tableau. La troisième : les seuils, les linteaux, les acrotères et les rives s'épaississent dans les mêmes proportions, ce qui modifie toutes les proportions de la façade, pas seulement celles des fenêtres.

Le traitement des liaisons ajoute sa propre contrainte, et c'est celle qui surprend le plus souvent un maître d'ouvrage : le balcon en porte-à-faux prolongeant la dalle disparaît. Il est remplacé par une structure autoportante posée devant la façade, par un rupteur, ou par une loggia intégrée au volume isolé. Les trois solutions donnent trois architectures différentes, avec trois budgets différents, et aucune ne ressemble au balcon fin que l'acquéreur a en tête quand on lui parle de balcon.

Le même raisonnement vaut pour tout ce qui traverse l'enveloppe : les fixations de garde-corps, les auvents, les descentes d'eaux pluviales, les coffres de volets, les traversées de réseaux. Chaque percement se paie deux fois, sur le pont thermique et sur l'étanchéité à l'air. Une façade passive est donc une façade où l'on a compté les trous, et cela se lit.

Les protections solaires ne sont pas une option

Les protections solaires ne sont pas une option

Le confort d'été est l'exigence que les équipes découvrent le plus tard, et c'est celle qui déforme le plus la façade. Une enveloppe très isolée et très étanche garde la chaleur qu'elle a laissée entrer, et elle la garde aussi bien en août qu'en janvier. Dépasser 25 °C plus de 10 % des heures de l'année n'a rien de théorique dans le sud de la France, et de moins en moins ailleurs.

La réponse ne peut pas être la climatisation : elle pèse sur le plafond d'énergie primaire et elle ne traite pas la cause. Elle est dans le dessin, et elle est visible. Casquettes et débords dimensionnés sur la course du soleil, stores extérieurs, volets coulissants ou battants, brise-soleil fixes ou orientables, loggias, végétation caduque devant les baies sud : chacun de ces dispositifs occupe la façade en permanence, y compris quand il est relevé ou rangé.

Angle d'une maison à bardage de bois sombre sur deux niveaux, avec deux longues casquettes plates en surplomb au-dessus des ouvertures et un mât vertical devant la façade, sous un ciel gris
Des casquettes assez profondes pour couper le soleil haut d'été sans priver la maison du soleil bas d'hiver : la façade est dessinée par cet arbitrage.

Deux points méritent d'être posés franchement. D'abord, la protection doit être extérieure : un store intérieur arrête la lumière, pas la chaleur, puisqu'elle est déjà passée par le vitrage. Ensuite, ces éléments modifient la lecture du bâtiment selon l'heure et la saison. Un immeuble à volets coulissants n'a pas la même façade à neuf heures et à dix-huit heures, ni en février et en juillet. C'est précisément ce qu'un décideur veut voir avant de signer, et c'est ce qu'une image unique ne montre jamais.

Façade en bardage de bois sombre où deux panneaux pleins coulissent devant des baies vitrées, séparés par un pan de pierre brute, sous un ciel bleu au-dessus de l'acrotère
Panneaux coulissants devant les baies : rangés, ils forment un plein ; tirés, ils changent complètement la façade. Un visuel doit choisir un état, ou montrer les deux.

La ventilation nocturne joue le même rôle et laisse elle aussi des traces sur le dessin : des ouvrants hauts, des impostes, un logement traversant ou à double orientation, des ouvertures sécurisées qu'on peut laisser entrebâillées la nuit sans risque. L'inertie va dans le même sens, avec des planchers ou des refends laissés massifs, parfois un plafond de béton apparent. Ce sont des éléments de projet, pas des accessoires ajoutés à la fin.

La ventilation double flux se voit aussi

La ventilation double flux se voit aussi

Une maison étanche à 0,6 volume par heure ne se ventile pas par les défauts de sa construction, puisqu'elle n'en a plus. La ventilation mécanique double flux avec récupération de chaleur n'est donc pas un équipement de confort ajouté au projet : elle en est une pièce, au même titre qu'un mur, et elle réclame de la place.

Ce qu'elle demande se lit d'abord sur les plans : un local technique réel pour la centrale, ses filtres et leur remplacement, des réseaux de gaines de section généreuse, des retombées ou des faux plafonds pour les faire passer, des trappes d'accès pour l'entretien. Sur un logement collectif, ces réseaux structurent les circulations et les gaines techniques, et ils apparaissent dans la surface vendue autant que dans le calcul.

À l'extérieur, il reste deux orifices que personne n'aime dessiner : la prise d'air neuf et le rejet d'air vicié, séparés l'un de l'autre, en façade ou en toiture. Ajoutez la production d'eau chaude, souvent un ballon thermodynamique ou une petite pompe à chaleur avec son unité extérieure, puis les capteurs photovoltaïques quand le projet vise une classe supérieure du standard, et la toiture cesse d'être une surface neutre.

Petite maison à bardage de bois sombre au bord d'une plage bordée de pins, toiture à faible pente entièrement couverte de panneaux solaires et conduit métallique vertical devant la façade
Panneaux en toiture, conduit apparent, terrasse en surélévation : sur un volume compact, aucun équipement ne se cache. Autant le dessiner que le découvrir à la réception.

Sur une maison individuelle, ces éléments sont peu nombreux mais très visibles, précisément parce que le volume est petit et simple. Sur un immeuble, ils s'additionnent et deviennent un sujet d'instruction : une toiture regardée depuis les bâtiments voisins et depuis les vues aériennes des annonces n'est plus une cinquième façade théorique. Un acrotère trop bas pour masquer une centrale, des unités extérieures alignées sans intention, un champ de capteurs mal implanté : ce sont des remarques d'instruction, pas des détails d'exécution.

Ce que les visuels de vente ratent le plus souvent

Ce que les visuels de vente ratent le plus souvent

Un certificat de conformité au standard est un document administratif. Il prouve une performance ; il ne montre rien. Or les personnes qui décident du sort d'un projet ne lisent jamais un fichier de calcul : un élu regarde l'insertion dans la rue et la hauteur perçue, un voisin regarde ce qui va lui masquer le ciel, un investisseur regarde la crédibilité de l'ensemble et le risque de recours, un acquéreur regarde sa lumière, sa vue et sa terrasse. Aucun d'eux ne fera la traduction entre un pourcentage d'heures et une sensation.

Nous voyons revenir cinq écarts entre le projet passif réel et l'image qui le vend.

Ce que le standard imposeCe que l'image montre souventCe que cela produit à la livraison
Un vitrage réparti par orientationLes mêmes grandes baies sur les quatre façadesUne façade nord bien plus fermée que ce qui a été promis
Des tableaux profonds, menuiserie au nu extérieurDes fenêtres dessinées comme des trous mincesUn relief et un jeu d'ombres que personne n'attendait
Des protections solaires permanentesUne façade nette, casquettes et volets absentsUn bâtiment plus strié, plus sombre, moins lisse
Des balcons désolidarisés ou des loggiasDes porte-à-faux fins prolongeant la dalleUne structure posée devant la façade, ou pas de balcon
Prise d'air, rejet, ballon, capteursUne toiture et des façades nettoyéesDes équipements découverts en fin de chantier

Aucun de ces écarts n'est un mensonge délibéré. Ils viennent presque toujours du calendrier : les visuels de commercialisation sont commandés à partir d'un dossier antérieur au calage énergétique, et personne ne les reprend quand le calcul fait bouger la façade. Le résultat se retourne contre l'opération au moment de la livraison, quand l'acquéreur compare sa fenêtre à la plaquette qu'il a gardée.

Montrer les arbitrages passifs avant le chantier

Montrer les arbitrages passifs avant le chantier

Notre métier commence là : produire des images d'un bâtiment qui n'existe pas encore, et les produire assez tôt pour qu'elles servent à décider plutôt qu'à décorer. Sur un projet passif, cinq points font la différence entre une image juste et une image jolie.

Le premier est la lumière datée. Nous calons le soleil sur une date et une heure réelles, à la latitude du terrain, plutôt que sur un éclairage flatteur. Une vue le 21 juin en milieu de journée et une vue le 21 décembre en fin de matinée montrent en deux images ce que le calcul exprime en pourcentage d'heures : jusqu'où descend l'ombre de la casquette, jusqu'où le soleil d'hiver entre dans la pièce, ce que la protection arrête vraiment.

Le deuxième est l'épaisseur réelle. Les parois, les tableaux, les seuils et les acrotères sont modélisés à l'épaisseur du projet, avec la menuiserie à sa position exacte dans la paroi. C'est ce qui donne à une façade passive son relief propre, et c'est la première chose qui manque quand un visuel est repris d'un dossier antérieur au calage.

Le troisième est la fidélité des protections solaires. Les lames, les débords, les volets et les stores sont modélisés à leur pas et à leur épaisseur de projet, pas remplacés par une texture, et représentés dans leurs deux états quand ils sont mobiles. C'est ce qui permet de comparer deux variantes sur la même vue et de trancher en réunion, au lieu d'attendre la première façade témoin.

Le quatrième est la toiture équipée. Prise d'air, rejet, capteurs, unité extérieure, acrotère à la bonne hauteur : dès qu'une vue aérienne ou une vue depuis un immeuble voisin figure au dossier, ces éléments doivent y être. C'est le point sur lequel une instruction de permis s'attarde et sur lequel les images de commercialisation mentent le plus souvent par omission.

Le cinquième est le vieillissement des matériaux. Un bardage bois rendu couleur miel aura grisé de façon inégale deux ans après la livraison, plus vite sur les façades exposées à la pluie ; un enduit se salit en pied de façade ; une haie se montre à sa taille de plantation et non à sa taille de catalogue. Une image qui assume le temps est plus difficile à contester ensuite, et elle rassure davantage un investisseur qu'une image parfaite.

Ces cinq points ne relèvent pas de la performance énergétique, qui reste l'affaire de votre bureau d'études et de votre certificateur. Ils relèvent de la démonstration : faire voir, à des gens qui décident sans lire les calculs, que les contraintes ont été traitées et qu'elles ont produit une architecture défendable. C'est le travail que nous menons avec les agences d'architecture et les promoteurs immobiliers, et il commence par des perspectives 3D extérieures calées sur le projet réel, pas sur une intention.

Gros plan sur le moyeu d'un volant de voiture de sport, badge métallique et surpiqûres jaunes sur cuir noir

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Permis, concours, comité d'engagement ou lancement commercial : des images fidèles au projet expliquent les arbitrages et accélèrent les décisions. Notre équipe produit de la visualisation 3D d'architecture, d'intérieur et de produit pour des agences, des promoteurs et des marques.
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Questions fréquentes sur la maison passive

Qu'est-ce qu'une maison passive ?

C'est un bâtiment dont les besoins de chauffage sont assez faibles pour qu'une installation de chauffage classique n'ait plus lieu d'être. Le standard qui porte ce nom a été formalisé en Allemagne à la fin des années 1980 ; il est porté depuis 1996 par le Passivhaus Institut. Il repose sur la compacité, l'orientation, l'enveloppe et l'étanchéité à l'air, pas sur l'ajout d'équipements.

Quels sont les critères d'une maison passive ?

Cinq reviennent systématiquement : un besoin de chauffage d'au plus 15 kWh par mètre carré et par an, ou une charge de chauffage d'au plus 10 W/m² ; une étanchéité à l'air d'au plus 0,6 volume par heure sous 50 pascals, vérifiée par un test sur le chantier ; un plafond d'énergie primaire couvrant tous les usages ; une température intérieure au-dessus de 25 °C pendant moins de 10 % des heures de l'année ; et des liaisons traitées jusqu'à rendre les ponts thermiques négligeables.

La maison passive est-elle obligatoire en France ?

Non. C'est un standard volontaire, international, et plus ancien que la réglementation française en vigueur. Personne n'oblige à le viser, et un bâtiment peut être parfaitement conforme à la réglementation sans approcher ces critères.

Quelle différence entre une maison passive et la RE2020 ?

La RE2020 est une réglementation obligatoire pour la construction neuve en France, avec ses propres indicateurs et une exigence carbone sur le cycle de vie que le standard passif ne porte pas. Le standard passif est un label volontaire centré sur l'enveloppe et le besoin de chauffage. Les deux se croisent sans se confondre, et beaucoup d'équipes les visent en parallèle.

Une maison passive doit-elle être orientée au sud ?

Pas obligatoirement, mais l'orientation pèse lourd. Les apports solaires d'hiver comptent comme une ressource dans le calcul : une maison qui capte le soleil bas de janvier tient son besoin de chauffage avec une enveloppe raisonnable, alors que la même maison tournée autrement le tient au prix d'un isolant plus épais et de menuiseries plus performantes.

Pourquoi les murs d'une maison passive sont-ils épais ?

Parce que le niveau d'isolation nécessaire sous nos climats conduit couramment à des parois de trente-cinq à cinquante centimètres d'épaisseur totale, selon le mode constructif et l'isolant. Cela se voit : les tableaux de fenêtre deviennent profonds, les seuils et les acrotères s'épaississent, et la position de la menuiserie dans la paroi devient un choix de composition.

Une maison passive peut-elle avoir de grandes baies vitrées ?

Oui, mais pas partout de la même façon. Le vitrage se répartit par orientation : généreux au sud, où le bilan d'hiver est positif et où l'été se maîtrise avec une casquette ; mesuré à l'est et à l'ouest, où le soleil arrive trop bas pour être coupé par un débord ; réduit au nord, où il n'y a rien à capter.

Une maison passive surchauffe-t-elle en été ?

Elle le peut, et c'est précisément ce que le critère de confort d'été encadre. Une enveloppe très isolée garde la chaleur qu'elle a laissée entrer. La réponse se trouve dans les protections solaires extérieures, l'inertie et la ventilation nocturne, pas dans une climatisation ajoutée à la fin du projet.

Le standard passif s'applique-t-il aux immeubles collectifs ?

Oui. Il s'applique au logement collectif, aux bureaux et aux équipements, et une déclinaison distincte existe pour la rénovation de bâtiments existants. Sur un immeuble, la compacité est plus facile à obtenir que sur une maison, mais les réseaux de ventilation et les équipements en toiture pèsent davantage sur le projet.

À quoi ressemble une maison passive ?

À un volume plus simple que la moyenne, avec des ouvertures réparties selon l'orientation plutôt que selon la symétrie, des tableaux profonds, des protections solaires visibles en façade et des équipements assumés en toiture. Ce sont ces conséquences visibles qu'il faut montrer à un décideur, pas les indicateurs.

Alexandr Kasperovich, cofondateur et CEO de Maverick Frame Studio, portrait en noir et blanc

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